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Propos sur le bois en modélisme naval


Existe t-il une étude sérieuse sur les avantages et les qualités des essences de bois utilisables en construction de modèles ? par Philippe TIJOU

J'ignore si une étude sérieuse a décrit l'utilisation des bois en modélisme mais je peux vous apporter mon expérience sur ce sujet. L'omniprésence du poirier en modélisme naval ancien n'est dû ni au hasard ni à un snobisme dépassé comme je ai pu l'entendre… Plusieurs raisons: le grain quasiment inexistant, la fibre courte, la couleur rappelant celle du chêne et surtout sa facilité à être travaillé : 
Le grain, si l'on réduit l'aspect du chêne au 1/48 ou au 1/36, les fibres et le grain (aspect de surface) deviennent invisibles. Peu de bois permettent de reproduire cette réduction, le buis mais il est jaune, le pommier difficile à travailler et couleur grise, l'alisier s'oxydant en un rougeâtre peu esthétique, seul le cournoullier sanguin (femelle) conviendrait mais il est rare, très rare. Des bois comme le noyer et l'acajou sont à éviter pour leur surface crevassée. 
La fibre courte et serrée permet un débit en fines épaisseurs sans rupture, une possibilité de courbure à sec très convenable, si on le chauffe, on peut obtenir des courbures de faible rayon. Le rabotage à la main à contre fibre est relativement aisé mais cela dépend beaucoup des arbres. Cette fibre serrée aussi permet de travailler sur des pièces de petite taille, genre poulies de 1,5 mm sans éclats des fibres. Idem pour les détails des sculptures mais le buis se prête mieux à ce genre de travail surtout grâce à sa couleur. 
La couleur du poirier rappelle bien sûr celle du chêne, elle est tout à fait appropriée. Elle varie du beige-rosé au brun-rouge, tout dépend de l'origine des arbres. Les poiriers de jardins sont souvent clairs, les poiriers sauvages sont plus foncés. Mais cette différence de couleur est souvent gommée au fil du temps par l'oxydation naturelle du bois. On aura soin néanmoins de réserver les bois clairs pour le bordage des ponts et les ouvrages intérieurs. 
La facilité du poirier à être travaillé est remarquable. Les fibres courtes et serrées prennent bien le tranchant de l'outil, la coupe est franche et lisse. Pour les grandes surfaces, le poirier accepte facilement le polissage à la lame, idem pour la laine d'acier. Autre avantage, il est "auto-cirant", en le frottant au chiffon, on obtient facilement un joli poli-ciré. 
Plus généralement les bois fruitiers sont bien adaptés à cette activité, une charpente en merisier ou en cerisier est d'un aspect tout à fait convenable à condition d'éteindre un peu l'éclat de ces bois en les teintant un peu. Le pommier est bien aussi mais les fibres sont un peu trop chahutées, il n'y a pas de droit-fil sans parler de la couleur grise mais, faute d'autre bois… Éviter peut-être le prunier ou l'abricotier un peu trop rouge.
Pour les autres bois, l'érable et le platane sont trop blancs, les "poils" dans leur grain sont très moches. Idem pour le hêtre, pour le charme, trop blanc et veines lumineuses, le noisetier est pas mal mais petites sections. A éviter, à mon avis, le chêne, fibres et aspects démesurés, le noyer et l'acajou pour l'aspect et la couleur trop soutenue, les divers bois exotiques souvent trop fibreux et mal liés, l'olivier pour sa couleur trop panachée, même remarque pour le pin et ses veines de résine. Quant au peuplier, aucun intérêt. 
Pour l'achat de poirier, il faut s'adresser directement dans les scieries, les marchands de bois le réservent pour les sculpteurs et les ébénistes…  
Gérard Delacroix

De Jean-Marc Babalian :
Le cormier est aussi un excellent bois avec des caractéristiques identiques au poirier (couleur, fibres, résistance), mais vous le trouverez en section plus importante et moins chère que le poirier. J'ai commencé le Fleuron avec ce bois et il se travaille aussi bien que le poirier.

 

Finition du poirier - de P. Robert
Quelle finition conseillez-vous pour le poirier ? Ciré ? Nature ? Verni ? et dans ce cas quel vernis utilisez-vous ? Peut on teindre facilement le poirier et si oui avec quoi ?

Finition du poirier - de G.Delacroix
La finition du poirier en modélisme naval est finalement affaire de goût.
Nature, les veines sont inexistantes, le grain apparaît à peine après un polissage énergique. En plus, la moindre trace de doigt va y laisser des marques indélébiles. A oublier.
Cirer donne un beau poli à l'ancienne (et une bonne odeur), c'est la finition traditionnelle, permettant de combler les petits défauts, elle s'améliore avec l'age. Le problème est que la cire retient facilement la poussière qui a tendance à s'y incruster et à ternir l'éclat. Craint aussi beaucoup les taches d'eau.
Le vernis donne, à mon goût, des résultats très moyens. Les formes sont souvent empâtées et apparaissent sous un aspect "plastique" très inesthétique. En l'essuyant dès l'application, on fait ressortir le grain sans conserver l'épaisseur de la matière. Il protège bien de la poussière et ignore les taches d'eau. J'utilise les deux méthodes, cire pour les modèles XVIIIème et vernis pour la chaloupe armée par exemple.
Pour la cire, j"utilise de la cire dite "d'antiquaire" de qualité, nature ou légèrement teinté (chêne moyen) pour marquer les joints des ponts par exemple. La gamme des couleurs du poirier est assez vaste pour éviter de teindre le bois en profondeur, personnellement, je ne le pratique pas mais il serait intéressant d'avoir d'autres avis.
Pour le vernis, "Aspect Bois Ciré" (ABC) de Syntilor en incolore (pub gratuite) est bien à condition de l'essuyer. On obtient une sorte de fond-dur bien dur !
 

Finition poirier - de Jean-Marc Babalian
J' utilise le Fondur qui donne une touche chaleureuse. Il est absorbé par le bois et donc ne laisse qu'une fine pellicule.
Il n' attire pas la poussière et protège le bois contre l' eau (à faible dose).
Sans être un verni polyuréthane ni une cire c' est un bon compromis entre les deux.

Finition du poirier - de G.Chatainier
J'utilise le vernis mat vendu par les marques de peintures pour maquettes plastiques. En premier je trempe légèrement le pinceau dans de l'acétone ce qui permet de faire "couler" le vernis comme de l'eau et de le faire bien pénétrer dans le bois. Une fois sec je passe de la laine métallique "00" et fais briller avec un chiffon. Aspect ciré assuré sans les problèmes de la cire.

Finition du poirier - de J.L. Genicon
Pour ma part, j'aurais tendance à utiliser les mêmes produits que ceux que j'utilise pour remettre en état des meubles anciens à savoir une couche de fond dur puis une couche très fine de vernis gomme laque (ces produits se trouvent dans les Castorama ou autres).